QUESTIONS DE FEMMES n°166 - Page 2 - Fight Club Un téléphone perdu, quatre orteils écrasés, cinquante coups de coude reçus (et trente- quatre donnés). Loin des prix d'interprétation et autres palmes, le palmarès du festivalier se mesure, lui, en plaies, bosses et humiliations. Envahie par une nuée hétéroclite de stars/ badauds/journalistes/attachés de presse/DJ/ zombies, la Croisette est le théâtre d'une scène de guerre permanente. Ici, chaque instant est une lutte. On passe deux heures à se faire insulter et piétiner dans la file d'attente d'une projection pour comprendre, quand arrive enfin notre tour, qu'on était dans la mauvaise queue (celle des journalistes, c'était celle d'à côté, désolé madame), on se bat avec cinq bodyguards et quatre publicistes pour obtenir un shooting de quarante-deux secondes avec Robert De Niro, on répond pour la quatrième fois à cette attachée de presse menaçante que, non, on n'est pas intéressée par cette interview en exclusivité mondiale d'une star de téléréalité égérie d'une marque de smoothie... Et puis, un matin, pas très digne et pas très en forme, on se retrouve dans une salle de cinéma, face à Ryan Gosling qui se tait et qui conduit. Devant son regard hypnotique et la décharge d'adrénaline que procurent les quinze premières minutes de Drive, on frissonne. Et pour la première fois, on est vraiment contente de prendre une claque. Monica Saboto, rédactrice en chef culture/people NEWS Lefestival i,, Hafsia Après deux filrrAprès deux films présentés à Cannes, Hafsia Herzi, tête de file des actrices frenchy nouvelle génération, reste calme, (p. 34) Blonde dechoç_ On en rêve toutes. Mais attention, la blondeur est un chemin périlleux... Grazia vous aide à trouver les bonnes solutions, (p. 116) Couverture: Marc Hom/ Trunk Archive/ Photosenso. Ce numéro comporte un encart Ricci Ricci de 2 pages avec échantill broché sur l'ensemble de la diffusio du format poche. GRAZIA MODE UN CAPRI(CE): Cet été, on fait de l'air à ses chevilles avec ce Capri pant de la marque star des Américaines. En denim Stretch, 7 For All Mankind, 229 €. CHAPEAU BAS! Nadal ou Djokovic? Peu nous importe, coiffée du so chic chapeau officiel du tournoi! En paille et gros grain, Roland Garros, 90 €. Ml CORAZON On adore les motifs inspirés de l'art votif mexicain de ce T-shirt, idéal sur un short en jean! En coton, Pinko, 160 € en édition limitée. Par Claire Cosnefi CHAMPIONNE! Voilà un nouveau modèle tout doré pour nous faire le regard sporty chic. Lunettes de soleil. Carrera, 134 €. PRECIOUS THING Attention, it shoe! Racée, légère et désirable, c'est la plus belle pour aller danser. En veau velours et python, Gucci, 595 €. SURE DE SOIE La marque culte des eighties renaît de ses cendres et réimpose sa pièce phare. Chemise en soie, Equipment, 175 €. LE ROSE EST MIS On attend d'un accessoire qu'il relève une tenue. On ne sera jamais déçue avec celui-ci. Sac en veau velours. John Richmond, prix sur demande. ROMANTIQUE En voilà une qui réunit deux tendances phares de la saison: longueur et broderie anglaise. Robe en coton, Comptoir des Cotonniers, 140 €. BELLE FAMILLE Parce qu'elle nous séduit autant que son grandfrère,le bracelet originel. Bague «Mini Force 10» en or jaune et diamants, Fred, I 200 €. SEA, STRIPES AND SUN On pense aux vacances et on prend la vague sans complexe avec un maillot tout rayé, tout frais ! En Lycra, Le Temps des Cerises, 59 €. IO GRAZIA•27.05.2011 Persona03HI! Jared Leto Mi-acteur mi-chanteur, l'ovni d'Hollywood aux excentricités capillaires livre un troisième album atmosphérique. Par Perrine Sabbat Photo Julien Weber pour Grazia Vous avez monté un groupe, 30 Seconds to Mars, avec votre frère Shannon. Ce n'est pas difficile de travailler en famille? Non. Pour nous, ça a toujours été naturel, on joue ensemble depuis qu'on est petits, lui de la batterie, moi de la guitare. Parfois on s'engueule, mais on n'en fait jamais un drame, la vie est trop courte. Votre concert à Paris en juin a affiché complet en dix minutes, les filles hurlent quand elles vous voient, ça dure depuis quinze ans... N'écrivez pas ça, j'ai l'impression d'être hypervieux ! L'idée de vieillir vous stresse? Oui, d'ailleurs, j'ai mes petits secrets pour rester jeune : j'étale du foie de raton laveur sur mon visage... Non, je rigole. Ça ne sert à rien de lutter contre le temps. Je crois que les gens qui ont peur de vieillir ont en fait peur de la mort. Vous réalisez vos clips sous le pseudo de Bartholomew Cubbins. Vous pensez faire un film bientôt? Oui. Mais pas tant que je n'aurai pas trouvé la bonne histoire à raconter. Vous vous considérez comme un acteur devenu rock star ou l'inverse? Ni l'un, ni l'autre. Pour être honnête, je ne passe pas mon temps à réfléchir sur qui je suis. Je suis juste un artiste. Requiem fora Dream, Lord ofWar... Votre filmo est sans faute. Pourquoi êtes-vous si rare au cinéma? Parce que je choisis mes films avec précaution, justement. Quand j'ai refusé le Clint Eastwood, Mémoires de nos pères, j'étais en pleine promo de mon album. Si ça se trouve, je ne tournerai plus jamais. Qui sait ? • Album This Is War (EMl), et concert à l'Olympia, à Paris, le 15 juin. PersonafflM Jessica Chastaîn Révélée à Cannes par The Tree of Life de Terrence Malick, elle est l'actrice qui monte à Hollywood. Par Pascoline Potdevin Photo Eva Sakellarides pour Grazia Age: 30 ans. Profession: actrice. Son actu: elle interprète une mère de famille touchée par la grâce dans The Tree of Life, de Terrence Malick, aux côtés de Brad Pitt et de Sean Penn. Ses débuts: après des études à la Juilliard School, prestigieuse école d'art dramatique new-yorkaise, elle s'est d'abord dirigée vers le théâtre. Sa préparation pour son rôle: du recueillement, et de la spiritualité. «J'aifait une retraite dune semaine, pendant laquelle j'ai inédité tous les jours. J'ai beaucoup lu, et observé des tableaux de la Vierge Et j'ai regardé de vieuxfilms de Lauren Bacall. pour apprendre à parler plus lentement. » Sa plus grande satisfaction: que les quatre derniers films qu'elle a tournés sortent enfin cette année. «Ça fait deux ans que nui pauvre mère dit à tous ses amis quej'ai tourné avec Brad Pitt et Al Pacino, et personne ne la croit! » Son auteur culte: William Shakespeare. C'est en donnant une version passionnée d'un monologue de Romeo etJuliette qu'elle est entrée à la Juilliard School. «J'ai fini allongée par terre, en me tortillant comme une folle. Les professeurs ont dû se dire "Ah, cette fille a du courage !" » Dans son iPod: la country-folk d'Iron and Wïne, de Dolly Parton ou encore de Dead Mans Bones, le groupe de Ryan Gosling. Ses projets: on la verra en agent du Mossad dans L'Affaire Racbel Singer, en épouse tourmentée dans Take Shelter. également à Cannes, dans Wilde Salome de Al Pacino, dans Coriolan de Ralph Fiennes... Sans oublier le prochain Terrence Malick, qu'elle s'apprête à tourner. • The Tree of Life, de Terrence Malick, déjà en salle. L'affaire Rachel Singer, de John Madden, en salle le 15 juin. Robe et créoles en diamants collection «L'Ame du Voyage» Louis Vuitton. GRAZIA COVERSTORY KEIRA KNIGHTLEY Discrète (mais pas trop.Dans London Boulevard, elle incarne une star traquée par lespaparazzis. Un rôle aux antipodes de l'actrice et égérie Chanel qui, à 26 ans, maîtrise à la perfection l'art dêtre célébré.. • Par Trfertn Duchatelle A quoi sert une actrice ? A jouer les faire-valoir pour le héros du film, ou les nymphettes à moitié nues sefaisant culbuter par un vieil aristocrate dans un château italien... » Cette phrase sort tout droit de la jolie bouche de Keira, ou plutôt de celle de Charlotte, actrice torturée et parano qu'elle interprète dans son dernier film, London Boulevard, long métrage du scénariste américain à succès William Monahan. Traquée, assiégée jour et nuit par des paparazzis mal élevés du genre pitt-bull, Charlotte vit recluse dans sa maison aux rideaux constamment clos du West End, quartier chic de Londres où les célébrités se comptent par dizaines. Y aurait-il du Charlotte en Keira ? Oui. Et non. Comme Charlotte, Keira a eu sa période « je sors bonnet sur la tête, dissimulée derrière des lunettes noires » (accessoires assez contre-productifs). Comme Charlotte, Keira voue une haine farouche aux tabloïds qui ont longtemps pris beaucoup de plaisir à lui gâcher la vie. Mais, à la différence de son double fictif, Keira est une combattante. Qui vacille certes parfois, mais ne tombe jamais sous les coups (bas, voire très, très bas). A 26 ans, une vingtaine de films sur son CV (avec une nomination aux Oscars à 20 ans pour Orgueil & Préjugé) et aucun feux pas à signaler, Keira, la tête bien faite sur ses frêles épaules, pourrait écrire un manuel de la célébrité à l'usage des jeunes actrices. Car sous son apparente fragilité se cache un vieux sage rompu à la violence du métier. Petit précis de la méthode Knightley... ELLE NE S'AVOUE JAMAIS VAINCUE A première vue, Keira était foutue d'avance. A 17 ans, elle décroche le rôle d'Elizabeth Swann dans le blockbuster Pirates des Caraïbes, la malédiction du Black Pearl, où elle donne la réplique à Johnny Depp. Et devient dans l'instant la proie favorite des tabloïds anglais. Dans le désordre, ils lui reprochent sa minceur (Keira est forcément anorexique), ses pommettes (trop aristocratiques), sa moue (insupportable), son accent (trop snob), sa prétention (légendaire, évidemment) et son manque total de talent. « A chaquefois que je donne une interview à un magazine anglais, on me pose systématiquement cette question: "Comment faites-vous pour continuer à tourner alors que tout le monde s'accorde à dire que vous êtes une actrice pitoyable ?" », constate Keira, amusée, dans une interview au Vogue américain. En 2007, c'est l'apothéose: le Daily Mail l'accuse tout simplement d'être responsable de la mort d'une adolescente de 19 ans qui souffrait d'anorexie, avec en une et en guise de preuve, une photo de Keira en maillot. « Ma fille ne serait jamais morte si elle n'avait pas eu ce genre d'exemple », surenchérit la mère de l'ado. L'attaque est d'une violence rare, Keira, qui n'a alors que 22 ans, aurait pu sombrer. Se réfugier dans la spirale infernale, drogue, alcool, fêtes, rehab, shopping, vols à l'étalage... Sauf que ce n'est pas dans son ADN. «C'est exactement ce qu'ils attendaient de moi. A l'époque, c'était la mode dêtre photographiée sortant de boîte, dans un sale état, et de préférence sans culotte. Je ne rentrais pas dans leur jeu, et ça les rendait furieux. » Le résultat d'une éducation modèle (maman est une dramaturge reconnue, papa est acteur) basée non pas sur la célébrité à tout prix, mais sur de vraies • GRAZIA COVERSTORY ON NE LENTENDRA JAMAIS VANTER SES TALENTS EN MATIÈRE DE POULET AU CITRON • valeurs : le travail, la culture, l'ouverture d'esprit. Plutôt que de suivre la voie d'une Lindsay Lohan, Keira a donc préféré prendre du recul, parcourir l'Europe sac au dos pendant un an, respirer, lire à la terrasse des cafés, réfléchir. « A l'époque, je ne savais mêmepas si j'avais encore envie dêtre actrice », confie-t-elle. Elle a finalement décidé de reprendre le chemin des studios et, pour rester zen en toutes circonstances, de s'interdire d'approcher un tabloïd à moins de cinq cents mètres. ELLE A UN PRINCIPE: NE PAS TENDRE LE BÂTON POUR SE FAIRE BATTRE Keira, c'est l'anti-Gwyneth (Paltrow). On ne l'entendra jamais vanter ses talents en matière de poulet au citron, et elle préférerait sans doute se pendre plutôt que tenir un blog et y prodiguer sa philosophie de vie. Il y a un art, en revanche, dans lequel l'exquise Anglaise excelle: celui de transformer tout compliment en matière à autodérision. A une journaliste du Elle américain qui la complimente sur sa délicieuse odeur {«Coco Mademoiselle, sans doute? »), Keira réplique, dubitative, plissant son adorable nez : «J'ai sué toute la matinée. Si vous âiez plus près, vous ne diriez pas ça ! » Appliquant à la lettre le «On n'est jamais mieux maltraitée que par soi-même », Keira prend les devants et avoue avoir ramé en 2005 pour convaincre le réalisateur John Maybury de lui donner un rôle dans son film TheJackef. «Il ne voulait pas de moi, ses producteurs l'avaient forcé à me rencontrer, il m'a accueillie en me disant : "Désolé, mais je ne pense pas que vous sachiez jouer." » Et raconte s'être fait souvent taper sur les doigts par le réalisateur Joe Wright, sur le tournage d'Orgueil et préjugé, à chaque fois qu'elle esquissait cette moue (« the pout », en VO) qui agace tant ses compatriotes : « "Ferme la bouche et arrête de faire la moue ! ", me criait-il. » Maso, Keira ? Non, bosseuse et lucide. Et surtout pas dupe. Des critiques comme des piédestaux sur lesquels on voudrait la placer, toujours sur le qui-vive, paniquée aussi à l'idée d'être célèbre pour de mauvaises raisons (son style, sa vie amoureuse), d'être un produit remplaçable, à l'écran pour faire joli. Jusqu'ici, tout va bien. ELLE APPLIQUE LE «POUR VIVRE HEUREUX, VIVONS CACHÉS» (OU PRESQUE) Vivre recluse telle une pauvre créature terrifiée, Keira laisse ça à Charlotte, l'héroïne du film. Pas question, non plus, de vivre dans une bulle. Keira donne ses interviews non pas dans les suites aseptisées des palaces, mais dans ses restos favoris, libanais ou italiens (l'occasion de montrer aux journalistes qu'elle mange pour de vrai). Si elle s'applique à ne jamais prononcer le moindre mot sur ses fiancés (l'acteur Rupert Friend pendant cinq ans, et aujourd'hui James Righton, claviers du groupe anglais Klaxons) et se refuse à les traîner sur red carpet, elle ne se cache pas pour autant. En témoignent les photos d'elle publiées régulièrement dans la presse, embrassant ses amoureux sur les pelouses de Hyde Park, à Londres. Ou en avril dernier, jouant les demoiselles d'honneur en Ecosse au mariage de son frère Caleb. «Je crois queje suis la pire demoiselle dhonneur de tous les temps !, affirmait Keira quelques jours plus tard dans un show télé américain .J'ai renversé un nombre de verres inimaginables sur ma robe. Puis un plat au curry ! Et pourfinir, je l'ai déchirée en la coinçant dans la porte des toilettes. » Distiller des infos intimes, mais pas trop - et qui la rendent infiniment sympathique —, quand elle veut, où elle veut, ça s'appelle gérer sa célébrité de main de maître. ELLE SAIT BIEN S'ENTOURER Dans London Boulevard, Charlotte tombe raide amoureuse de son homme à tout faire, l'ex-voyou Colin Farrell. Dans la vie, Keira évite la confusion des genres, mais s'est choisi en guise de bodyguard un modèle aussi intimidant que charmant : depuis quatre ans, Marcus calme les ardeurs des fans trop pressants (la dernière apparition publique de Keira à New York, le 9 mai, s'est soldée par une vieille dame blessée), Êtit patienter les journalistes en faisant la conversation, voire joue le guide touristique, racontant l'histoire du pub favori de Keira, «datant de 1125 et mentionné dans certains romans de Dickens ». Une perle donc qui, on l'imagine, ne s'abaissera jamais à vendre la vie et les mœurs de sa protégée contre quelques milliers de livres sterling. Du côté de ses amis, rien à signaler non plus. Alexa Chung, qui lui a présenté James Righton, ne s'est jamais épanchée sur elle, Sienna Miller (avec qui elle a partagé l'affiche du film The Edge ofLove) s'est contentée d'un «f aimerais tellement être elle! », et sa best friend Carey Mulligan assure qu'elle est la première personne qu'elle appelle en cas de peine de cœur : « A n'importe quelle heure du jour et delà nuit, je sais qu'elle sera là pour moi. Elle m'emmènera boire un mojito et m'écoutera pendant des heures. » Des amis qui vous veulent vraiment du bien, le secret de la sérénité. • 18 G R A Z I A •27.05.2011 7t IDÉES MODE À PIQUER À KEIRA KNIGHTLEY SUR WWW.G pm f'-äl' Keira en 7 dates naissance à Teddington dans le Middlesex, en Angleterre crève l'écran dans Joue-la comme Beckham, de Gurinder Chadha. donne la réplique à Johnny Depp et Orlando Bloom dans Pirates des Caraïbes, la malédiction du Black Pearl. Et rempile pour deux épisodes. nomination aux Oscars pour son rôle dans Orgueil & Préjugés. film de Joe Wright d'après le roman de Jane Austen. devient égérie Chanel pour le parfum Coco Mademoiselle. partage l'affiche de Last Night. de Massy Tadjedin, avec Guillaume Canet et Eva Mendes. sortie de London Boulevard, de William Monahan, avec Colin Farrell. i 1 LeslOnews de la semaine Danslescoulisses desgrandshôtels
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