01 INFORMATIQUE numéro 2047 de 08 juijjet 2010 - Page 1 - LA VEILLE TECHNOLOGIQUE N1 DES DECIDEURS IT ! w w w.0 1 n e t p ro.com N° 2047/2048 - 8 ju i lle t 2 0 1 0 Bull écrit un Les banques La BNF préserve L’entreprenariat face au casse-tête nouveau chapitre notre patrimoine féminin vu par du multicanal P. 8 de son épopée P. 18 numérique P. 29 Viviane Ribeiro P. 23 Géolocalisation Capter son client au bon moment dossier P. 38 FranceMetro:5€-DOM:6,20€,Belgique:5,50€, Suisse:9,50FS,Canada:8,50$C,Luxembourg:5,50€. M 02995 - 2047 - F: 5,00 E - RD 3:HIKMTJ=ZUZUUU:?m@a@o@h@a; la rédaction a... souhaité de bonnes vacances à ses lecteurs. Nous vous donnons rendez-vous le 26 août pour notre numéro de rentrée. Au programme : encore plus de témoignages et de reportages sur les bénéfices qu’apportent les technologies aux métiers et à l’activité de vos entreprises et organisations. Et pour vous tenir informés tout au long de l’été sur l’actualitéhigh-tech,rejoignez-nouschaquejoursur01netpro.com. plaint le DSI de Facebook. Gérer les centres de données du réseau social ne doit pas être une sinécure. Avec la croissance actuelle de ses utilisateurs,Facebookadûdoublersonparcdeserveurs en seulement six mois. Leur nombre est passé de 30 000 à 60 000, soit 166 nouvelles machines par jour ! dévoilé les secrets de Windows 8. Dans une présentationrécupéréeparunblogueuritalien, on apprend que Windows 8 intégrera un «ApplicationStore»surlemodèledecelui d’Apple. Pourquoi ne pas s’être inspiré de celui d’Ubuntu, moins contraignant ? latracedeBillGates.LefondateurdeMicrosoft ne travaille plus dans la société qu’il a créée. Il s’occupe quasiment à temps plein de son association. L’éditeur reste très discret sur la question. Il ne voudrait pas que l’action s’enfonc e encore un peu plus. Car certains estiment que l’éditeur a perdu de sa superbe depuis le départ de « Magic Bill ». perdu un appel aux entreprises pour accueillir le musée de l’informatique. Suite à un incident technique, les quatre ascenseurs du Toit de la Grande Arche de La DéfenseàParis,quidesserventlemusée,ontétéarrêtés.Lelieurouvrira-t-ilaupublic?Vraisemblablementnon.L’incidentarriveàpoint nommé pour remettre en question son exploitation touristique. lancé istock les mots clés de la semaine Mobile commerce Cloud computing Archivage distribution direction financière réseaux sociaux iPhone Géolocalisation multicanal ErP GreenTech CRM Paiement sur mobile Sécurité Cloud computing : p. 16, 18, 26, 34 Réseaux sociaux : p. 8, 11, 16, 38 Distribution : p. 20, 34 Green Tech : p. 15, 38 iPhone : p. 10, 38 Paiement sur mobile : p. 8, 10 Sécurité : p. 7, 28 Archivage : p. 29 CRM : p. 8 Direction financière : p. 34 ERP : p. 32 Géolocalisation : p. 38 Mobile commerce : p. 10 Multicanal : p. 8 Réalité augmentée : 38 Simulation numérique : p. 18 01informatique I 8/07/2010 I www.01netpro.com 3 éditorial Frédéric Simottel rédacteur en chef 01 sommaire 12. littérature Les polars de l’IT pour rester connectés 13. décryptage La gestion des identités expliquée à votre DG 14. logiciels La bureautique en ligne facilite la collaboration 15. green tech Mesurer son empreinte CO2 avant de la réduire tendances 7. législation Informatique et libertés, une relation à surveiller de près… 8. service client T Les nouveaux horizons de la géolocalisation Les banques face au casse-tête du contact multicanal 16. usage Rester concentré face aux sirènes des réseaux sociaux 18. stratégie En ciblant le militaire, Bull écrit un nouveau chapitre de son épopée 21. start up Deux mathématiciens affinent les prévisions de la distribution reize milliards de dollars de revenus ! Voilà ce que devraient générer les services de géolocalisation mobiles d’ici à 2013, selon le cabinet Juniper Research. Bénéficiant de l’explosion des smartphones, ce marché se bâtit autour des nouveaux usages, notamment indoor. Le consommateur mobile veut se repérer dans le temps et l’espace, retrouver ses « amis », recevoir les offres promotionnelles d’une enseigne quand il entre dans le centre commercial, se faire suivre à la trace par son assureur automobile pour bénéficier de tarifs intéressants. Il veut gagner du temps. Pour les commerçants, les centres touristiques, les gares et les aéroports, les opportunités sont multiples. Pertinentes et ciblées, les informations envoyées par leurs applications 10. m-commerce Accepter les règlements par carte bancaire à partir d’un iPhone 11. emploi Les réseaux sociaux tardent à convaincre les recruteurs opinions 23. parité L’entreprenariat féminin est une chance pour nos entreprises 24. humeurs Offshore : éviter les raccourcis Comme les moutons de Panurge 25. on en parle dans les blogs 26. cartes blanches à… Benjamin May, avocat associé chez Aramis Hervé Morizot, associé gérant chez Carvea expériences 29. archivage Comment la BNF préserve notre patrimoine numérique 32. gestion La Fondation de France se réinvente pour mieux répondre à l’urgence 34. décisionnel Comment le cloud améliore l’analyse prévisionnelle des ventes 35. interview Paul-André Berger, DAF de Groupama 36. rencontre Médecin, il a changé de voie pour s’orienter vers la technologie 37. juridique Le crédit-bail toujours dans le flou juridique « Régies publicitaires et services marketing vont aussi tirer parti de cette manne technologique » sont perçues comme un service par le consommateur. Le fournisseur, lui, s’en sert comme outils de fidélisation. Régies publicitaires et services marketing tirent aussi parti de cette manne technologique : 710 millions de dollars de revenus d’ici à 2013 pour le seul marché de la publicité. Le géomarketing trouve un nouveau souffle, associant la géolocalisation à la 3D et à la réalité augmentée. Mais attention ! La technologie est séduisante et prête à l’emploi pour des applications grand public, mais les entreprises ont des besoins plus pointus, nécessitant une personnalisation poussée dans le traitement et la sécurité des données, dans l’interface utilisateur, dans la précision des résultats issus des émetteurs-récepteurs satellites. Ce fameux GPS qui va sûrement accompagner vos vacances, que nous vous souhaitons excellentes. 01 vous donne rendez-vous le 26 août, et durant l’été sur 01netPro.com pour ne rien manquer de l’actualité high-tech. M dossier 38. géolocAlisAtion 39. technologies Comprendre le fonctionnement du réseau et des terminaux 41. usages Les applications glissent de l’entreprise vers le grand public 43. social Quand la géolocalisation s’invite dans les réseaux et facilite le travail de groupe 45. juridique Une donnée personnelle un peu particulière 01informatique I 8/07/2010 I www.01netpro.com vous 47. management Mesurer la santé de ses collaborateurs, un enjeu de productivité 48. ressources humaines Réduire l’absentéisme en entreprise 49. business style 50. rendez-vous du club 01 52. agenda 58. flash-back 59. prochainement dans 01 Photo de couverture : istock Ce numéro comporte un courrier de réabonnement sur une diffusion partielle d’abonnés. Abonnez-vous en ligne sur www.kiosque01.com 4 Yazid Sabeg, président de TENDANCES CS Communication, parie sur le redressement de l’industrie des semi-conducteurs et veut racheter Altis. plus légère et plus chère qu’un iPad. Wi-Fi et 3G, elle sera, selon Cisco, l’outil professionnel ultime de communication unifiée. Cisco est gagné par la fièvre des tablettes. La sienne, Cius, est plus petite, LÉGISLATION Informatique et libertés, une relation à surveiller de près... Depuis 2008, les problèmes liés à la vidéosurveillance, à la géolocalisation et aux accès biométriques sont le lot quotidien de la Cnil. « En 2009, nous Les atteintes à la vie privée en entreprise ne cessent d’augmenter depuis trois ans avons constaté que la surveillance des salariés via la vidéo avait augmenté de 12 % », note Yann Padova, secrétaire général de la Commission nationale de l’informatique et des libertés. Un phénomène qui ne relève pas systématiquement d’une volonté de dérober de l’information (en filmant les locaux syndicaux), mais également de démarches plus gratuites comme le voyeurisme (en plaçant des caméras dans les vestiaires ou les piscines). De leur côté, les accès par empreintes digitales ont fait l’objet de 900 autorisations de la part de la Cnil l’année dernière, contre trois refus et une interruption pour utilisation illégale. Enfin, chaque année, ce sont plus de 3 000 dispositifs de géolocalisation qui sont installés dans les véhicules de fonction. « Un chiffre qui semble s’être stabilisé », indique Yann Padova. Aujourd’hui, la Cnil fait peur autant qu’elle rassure. Sa mission ne se résume pas, en effet, à une démarche répressive. Les entreprises ont besoin de ses conseils pour s’assurer de la légalité et de la conformité des projets électroniques qu’elles engagent. Pour cela, la Commission peut compter sur le correspondant informatique et liberté (CIL), ce salarié dont le rôle est d’organiser les échanges d’informations entre son entreprise et la Cnil. Aujourd’hui, il est présent au sein de 6 200 orga- Avec 6 200 correspondants et 150 collaborateurs, la Cnil peut effectuer 300 contrôles annuels. 01INFORMATIQUE I 8/07/2010 I www.01netpro.com Objectif : 1 000 contrôles par an nismes (4 000 en 2008). S’y ajoutent près de 150 collaborateurs (permanents et intervenants ponctuels) pour un budget de 14,7 millions d’euros cette année, « dont deux millions supplémentaires, ce qui était inespéré. A chaque débat budgétaire devant le Parlement, nous avons à faire face à des amendements tendant à le raboter », ajoute Yann Padova. Chargée d’un parc de près de trois millions d’entreprises, la Cnil se livre, faute de mieux, à 300 contrôles annuels. Pour être à la hauteur de l’expansion informatique, il en faudrait au moins 1 000. La Commission intervient suite à une plainte, mettant l’entreprise incriminée en demeure, voire en la sanctionnant si cette dernière ne prend pas ses recommandations en compte. La Cnil effectue aussi des vé- Trois mille dispositifs de géolocalisation par an sont installés dans les véhicules de fonction rifications au hasard. Acadomia (qui propose du soutien scolaire) a ainsi fait l’objet d’un contrôle dans le cadre d’un examen de service aux personnes sans qu’il y ait eu plainte. Ce qui a permis de découvrir, notamment, que cette entreprise hébergeait dans son fichier interne de nombreux commentaires abusifs sur les professeurs et les élèves. Autre motif de satisfaction de la Cnil : « Lorsque l’entreprise fait une déclaration, nous devons lui délivrer une réponse. Notre délai est passé de treize mois à trois semaines, et nous espérons le réduire à quatre jours à la fin 2010. » M STÉPHANE BELLEC AFP 7 tendances malgré le déploiement de coûteuses solutions de Crm, les clients sont peu satisfaits de leurs services bancaires. 01informatique I 8/07/2010 I www.01netpro.com Les banques face au cassetête du contact multicanal Alors que mobiles et réseaux sociaux viennent bousculer les services financiers, le secteur bancaire peine déjà à satisfaire ses clients, à cause de canaux de contact trop cloisonnés. seRVIce cLIent Le secteur bancaire est un de ceux qui sont allés le plus loin dans le développement de services multicanauux. Les banques disposent de conseillers, de guichets en agence, de distributeurs automatiques, de services téléphoniques ou SMS, de sites internet, de centres de contacts… Et pourtant, le bilan de cette stratégie est mitigé. D’un côté, des investissements dans de gros projets CRM, de l’autre une satisfaction client médiocre. Celle-ci, selon le dernier baromètre annuel SolucomPublinews, ne progresse pas, avec une note de 6,66 sur 10. Et la part des clients très satisfaits décroît fortement, passant de 19 % en 2008 à 14 % en 2010. 8 Le principal fautif est le conseiller. Selon le même baromètre, il pèse le plus dans la satisfaction globale des clients, mais sa note est la plus basse. A l’inverse, le canal internet, le plus utilisé et récoltant le plus de louanges, a le moins de poids dans l’évaluation. Un client est mécontent de son contact ? Il des interactions entre canaux encore trop limitées TENDANCES parfois considéré comme un concurrent interne. Les banques doivent donc remettre en question leurs processus métier. Cette question est d’autant plus urgente que de nouveaux outils apparaissent, comme l’internet mobile ou les réseaux sociaux. La majorité des établissements bancaires français disposent aujourd’hui d’un site mobile, voire d’une application iPhone, afin de créer un lien personnel avec le client. Mais les services demeurent assez basiques : consultation du compte, cours des bourses, convertisseur de devises… « Les projets web mobile ne sont pas très onéreux, au regard des autres projets informatiques. Mais tout reste encore à L’AVIS DE L’EXPERT associé chez Ernst & Young Pierre Pilorge, Les banques doivent remettre en question leurs processus métier pour tirer profit du contact multicanal inventer », explique Xavier Debbasch, directeur opérationnel chez Airweb. Un des axes intéressants est l’association du mobile et du paiement (lire p. 10). La National Bank of Greece offre ainsi à ses clients un service de règlement des factures par mobile ; Moneygram propose l’envoi de fonds à partir d’un iPhone. Tous deux s’appuient sur une technologie fournie par le Français Lemon Way. En France, des acteurs – qui ne sont pas des banques – comptent sur le téléphone mobile pour devenir intermédiaires de paiement. Autre nouveau centre d’intérêt : les réseaux sociaux. Certains y sont déjà présents. BNP Paribas décline sur Facebook et Twitter sa Net Agence, une agence bancaire virtuelle dont les conseillers dédiés sont joignables par webcam. LCL dispose d’un profil Facebook. L’éditeur Altitude Software va prochainement intégrer dans sa solution de centre de contacts uCI des fonctionnalités afin d’analyser les échanges sur les réseaux sociaux : analyse par mot clé, création d’alerte, réponses automatiques, etc. « Facebook ne remplacera pas les actes métier, comme ouvrir un compte ou demander un crédit. Mais on y traite des interactions clients », explique Marc Pesah, responsable avant-vente chez cet éditeur. Si elles veulent gérer l’argent de la génération Y, les banques ont donc intérêt à s’adapter. M GILBERT KALLENBORN Les banques n’exploitent pas assez la personnalisation dans leurs stratégies multicanal. Jusqu’alors, le service personnalisé était souvent réservé aux conseillers dans l’agence, alors que le web ne servait qu’à industrialiser des traitements génériques, comme la consultation des comptes ou les virements. Certes, cela fonctionne, mais on est allé trop loin dans ce schéma. La meilleure intégration reste le conseiller. Il est important de se concentrer sur des pratiques réellement utiles. Comme, transmettre un e-mail à son contact depuis un compte en ligne, et recevoir une réponse rapidement. Les clients de certaines banques turques, par exemple, peuvent voir leur conseiller par webcam lorsqu’ils utilisent un guichet automatique. sera insatisfait de sa banque, même si le site web est parfait. Deux raisons à cela. D’une part, la tendance, depuis quelques années, à trop vouloir vendre les produits bancaires. « Ces conseillers sont perçus comme trop peu… conseillers », souligne Olivier Samour, directeur au sein de l’activité stratégie et management de Solucom. D’autre part, les interactions entre les canaux sont encore trop limitées, alors que leur taux d’utilisation est supérieur à 72 % (hors internet mobile). Ainsi, parmi les utilisateurs des sites web, 20 % ne recourent pas à d’autre type de contact. Ensuite, le conseiller n’est pas assez intégré dans les stratégies multicanaux. Lui transmettre un mail n’est pas toujours aisé, voire impossible. Et le temps de réponse se révèle variable, parfois pour des raisons réglementaires et de traçabilité. « Le frein se situe au niveau de l’organisation et de la conduite du changement », explique Olivier Samour. Ainsi, les modèles de rémunération des conseillers ne sont pas forcément liés au multicanal. Résultat : au sein des agences, le site web est GETTYIMAGES Interagir avec la génération Y K À SAVOIR La guerre du paiement mobile s Depuis le 1er novembre 2009, les acteurs non bancaires ont la possibilité de devenir Etablissements de paiement (EP) et proposer des services financiers et de paiement. Néanmoins, ces nouveaux prestataires s’adosseront à une banque pour la gestion des opérations. 01INFORMATIQUE I 8/07/2010 I www.01netpro.com s Les services que proposeront les EP sont limités : opérations de paiement (par virement, par carte, par téléphone mobile…), gestion de compte, octroi de crédit, et transmission de fonds. s Plusieurs acteurs français préparent des services de paiement mobile. Lemon Way veut lancer, d’ici à octobre 2010, un service baptisé Payons, qui aidera à transmettre de l’argent par SMS. Orange, SFR et Bouygues se sont associés à Atos Origin pour élaborer un service de paiement par mobile, MNOP. 9 TENDANCES B En hausse Le groupe Altran Pour sa nouvelle mission lunaire, la Nasa a retenu le langage de programmation Spark. Développé par Praxis, filiale d’Altran, il sert à créer des logiciels de sécurité et des applications vitales pour lesquels aucune panne n’est tolérée. Il sera utilisé pour un projet de satellite miniaturisé, destiné à la détection de tremblements de terre ou à l’observation de la nature. BAROMÈTRE M-COMMERCE Les accessoires transformant les iPhone en terminaux de paiement fleurissent Accepter les règlements par carte bancaire à partir d’un iPhone n’a pas besoin de déployer d’infrastructure de paiement spécifique, quelle que soit la taille de l’entreprise. Différentes fonctionnalités autorisent ainsi l’envoi des reçus électroniques par courriel ou la géolocalisation du lieu de transaction. De plus, en combinant ces solutions avec un compte Paypal, artisans et commerçants peuvent s’affranchir des intermédiaires bancaires. La start up Square, créée par le fondateur de Twitter Jack Dorsey, a été la première à proposer une telle solution. Elle repose sur un petit module de paiement cubique d’environ deux centimètres d’arête, branché à la prise jack de l’iPhone. Il suffit ensuite d’ouvrir un compte Square et de télécharger l’application. « C’est une bonne idée. Mais le paiement sur mobile implique la maîtrise de la gestion du risque et de la fraude, pour laquelle Square n’est pas encore au point. De plus, le lecteur de carte est trop petit. Pour fonctionner correctement, celui-ci doit faire cinq à six centimètres de long », commente Eric Duprat, directeur général de la division mobile chez Paypal. Depuis le début de l’année, une nouvelle vague de produits transforme le smartphone d’Apple en terminal de paiement. Avec ces accessoires, l’utilisateur A En baisse La France numérique Même si l’Hexagone reste dans le top 20 des nations numériques, il recule de cinq places au classement établi par IBM et The Economist. La France progresse sur l’adoption des TIC par les consommateurs et les entreprises, mais reste à la traîne en matière de carte d’identité électronique, de fibre optique, et de réseau mobile 4G. Enfin, son régime d’imposition des entreprises innovantes est encore contraignant. L’iAPS, de Daily Systems, propose l’impression d’un ticket électronique. Le fondateur de Brocade en prison Greg Reyes, fondateur et ex-PDG du constructeur de matériels de stockage informatique Brocade, est condamné à dix-huit mois de prison ferme et écope d’une amende de 15 M$. Une peine confirmée après que tous les appels judiciaires ont été épuisés. Greg Reyes est accusé d’avoir fraudé en modifiant des dates d’attribution de stock-options de Brocade. 01INFORMATIQUE I 8/07/2010 I www.01netpro.com EN BREF tems. Cette société a mis au point l’iAPS, un accessoire faisant notamment office de terminal de paiement électronique (TPE) dans lequel s’insère un iPhone. Et qui sait lire aussi bien les cartes à puce que magnétiques. Le portage salarial enfin encadré Après deux ans de négociations, les partenaires sociaux ont tranché : le portage salarial reste dans le giron des entreprises spécialisées. Les 6 500 agences de travail temporaire ne pourront pas le proposer. Mais il sera réservé aux cadres bénéficiant d’un chiffre d’affaires mensuel de 4 500 €. Ce type d’application combinée à Paypal affranchit les utilisateurs des intermédiaires bancaires Avec son Payware Mobile, Verifone, lui, présente une solution à ce problème : l’iPhone se glisse dans un accessoire où le lecteur de cartes est placé sur le côté du smartphone. Ensuite, le fonctionnement est le même que celui de son concurrent. « Ce sont de bonnes initiatives. Seulement, elles ne s’appliquent qu’aux cartes magnétiques, propres au marché anglosaxon, et n’acceptent pas celles à puce ! » relève Olivier Martin, de Daily Sys- Pour offrir la garantie de transactions sécurisées, il existe plusieurs sésames, parmi lesquels une certification donnée par Apple : « Parmi les solutions de paiement pour iPhone, nous sommes les seuls à l’avoir obtenue », se réjouit Olivier Martin. De plus, l’iAPS est certifié EMV 1 (Europay Mastercard Visa), un standard de sécurité des transactions par cartes à puce reconnu au niveau international. Enfin, l’utilisation de ce type de terminal de paiement en France nécessite qu’il réponde également à la norme CB5.2. Pour lui faciliter l’obtention de cette dernière, le fabricant de l’iAPS compte s’appuyer sur Pageup, avec qui il vient de signer et qui sera son premier revendeur français. M EDDYE DIBAR Garantir la sécurité des transactions 10 TENDANCES EMPLOI Les réseaux sociaux tardent à convaincre les recruteurs « Bien que nous ne soyons pas encore des utilisateurs chevronnés des réseaux sociaux, nous sommes persuadés de leur valeur ajoutée – que ce soit en Viadeo, Linkedin…, les SSII commencent à piocher dans ces viviers de candidats qualifiés termes de notoriété, d’informations ou de recrutement. » Le point de vue de Fabrice Losson, directeur du recrutement de Logica, résume bien les pratiques en cours dans les SSII. Comme dans les autres entreprises, les recruteurs intègrent de plus en plus les sites professionnels de mise en relation dans leur palette d’outils. Mais le nombre d’embauches effectuées via ces réseaux s’avère encore peu significatif : lorsque l’on interroge des sociétés comme Micropole-Univers, Theoris, Neos-SDI, Logica, Devoteam, ou encore Team Partners Group, elles concèdent avoir réalisé – au mieux – une dizaine d’embauches en 2010 grâce à ces outils. ment chez Theoris, nous communiquons sur le fait que nous recrutons activement ». Les réseaux sociaux sont avant tout un outil de prospection et de découverte de nouveaux candidats en amont du processus d’embauche. Les recruteurs consultent les profils, effectuent des demandes de mise en relation, et profitent de la viralité de ces outils pour démultiplier les contacts. Mais aucun des recruteurs interrogés n’y recourt pour départager deux candidats dans la phase finale d’embauche, par exemple. LES RECRUTEURS Les profils ne sont pas toujours bien renseignés ou manquent de mots clés pertinents pour faciliter l’identification. » Stéphanie Floiras, responsable du recrutement chez Micropole-Univers « « Les réseaux sociaux offrent la possibilité d’approcher des profils très convoités Ces SSII utilisent les réseaux Viadeo et Linkedin, plus international, pour trouver des profils techniques (architectes sécurité, architectes applicatifs, experts…), des commerciaux ou des managers (directeurs de projet, etc.). En très grande majorité, elles ne publient pas d’offres d’emploi sur ces sites. « En revanche, précise un consultant business développement et recruteCHIFFRES CLÉS Ces sites semblent ramener des candidatures pertinentes, notamment des professionnels déjà en poste et en veille sur le marché de l’emploi. « Nous ciblons des profils plus en phase avec nos attentes que sur les sites d’emploi, assure Stéphanie Floiras, responsable recrutement de Micropole-Univers. Les candidats sont moins sollicités, donc plus à l’écoute et disponibles quand on les contacte. » Un avis partagé par Gaït Le Goaster, responsable adjointe du recrutement chez Devoteam : « Lorsque nous avons réussi à attirer des candidats passifs, ils sont souvent plus motivés que ceux découverts sur les sites d’emploi. ». Pour elle comme pour bon nombre de SSII, les réseaux sociaux représentent aussi un moyen d’approcher au cas par Des candidatures pertinentes Il est parfois difficile de concilier besoins immédiats de recrutements et entretien d’un réseau sur le long terme. » Fabrice Losson, directeur du recrutement de Logica cas des profils très convoités, tels les spécialistes Java EE. * Côté recruteurs 53 % des entreprises sont présentes sur au moins un réseau social professionnel. 47 % des recruteurs utilisent un site professionnel de mise en relation pour rechercher des candidats. 24 % des répondants ont déjà recruté au moins une fois par un réseau social. 42 % des utilisateurs de réseaux sociaux sont dans la fonction informatique. 36 % des candidats recourent à ces réseaux dans leur recherche d’emploi, et 97 % aux sites d’emploi. 78 % des utilisateurs de réseaux sociaux pensent que ces derniers prendront de l’importance dans * Côté candidats leur recherche d’emploi dans un avenir proche. 6 % des répondants utilisent Facebook professionnellement. 92 % de notoriété pour Facebook, contre 71 % pour Viadeo et 53 % pour Linkedin. Source : étude Regionsjob, menée auprès de 157 recruteurs et 2 208 candidats. SANDRINE CHICAUD 01INFORMATIQUE I 8/07/2010 I www.01netpro.com Les SSII utilisatrices des réseaux sociaux ont aussi l’habitude d’aller dans des groupes de discussion (hubs) généralistes (Club RH…) ou spécialisés dans les technologies (Java EE, Forum SAP, etc.) afin de repérer des profils bien précis et d’entretenir des relations de proximité avec les candidats. « Nos managers opérationnels participent à des hubs, où ils tissent des liens avec les professionnels du secteur. Ce travail est généralement synonyme de relations de qualité », précise Fabrice Losson. Pour l’heure, rares sont les sociétés de services qui misent sur les réseaux sociaux pour recruter dans l’urgence. De fait, il arrive que des candidats se manifestent… deux ans plus tard ! M Tisser des relations de qualité sur les groupes de discussion 11 tendances NOmINaTIONS en partenariat avec Marc Chisinevski devient architecte solutions orientées virtualisation chez trend Micro. il se consacrera à la sécurisation des environnements virtuels. est promu directeur des nouvelles technologies de Mcdonald’s France, en lien avec l’évolution des clients. Jean-Noël Pénichon, iae tours, Les polars de l’IT pour rester connectés son bureau d’un accès Wi-Fi, mais avait oublié d’en modifier le mot de passe et le nom de réseau […] Gragg avait cracké le système en obtenant une adresse IP auprès du routeur, puis en piratant la machine du courtier par un protocole Netbios de base. » Comme le montre cet extrait de Daemon(1), de Daniel Suarez, dans la littérature policière, le modus operandi est en version 2.0. Pour le tueur en série, le recours aux nouvelles technologies est devenu de rigueur pour traquer, effrayer mais aussi brouiller les pistes. Désormais, le criminel cambriole virtuellement les comptes bancaires, passe par un proxy pour se masquer et efface les logs derrière lui. Pour Michael Connely et Daniel Suarez, qui ont sorti leur roman quasi simultanément en mai dernier, les aptitudes informatiques dépassent les simples compétences : elles sont devenues une arme. Leur parti pris est d’aborder les technologies de l’information (IT) franco. « M Mc Ginnis devait concevoir et construire des installations dotées du plus haut degré de 2 QUESTIONS À... « depuis le café d’en face, Gragg observait les fenêtres sombres d’un hôtel particulier… Un courtier y avait équipé LIttérature La sécurité informatique, un nouveau décor pour les romans policiers directeur général délégué d’anovo. il gère les activités d’achat-vente de produits électroniques auprès des spécialistes du leasing. Jean Berger de la Villardière, 50 ans, iSG, devient université de louvain (Belgique) et mBa à Stanford, est promu directeur général de Paypal France, où il est rentré en 2006. auparavant, il a travaillé douze ans chez mcKinsey. Alexandre Hoffmann, Pierre Soria, 47 ans, enSpS, ex-directeur général france de Salesforces.com, prend la fonction de vice-président des ventes pour l’europe du Sud de successfactors. Jacques Behr, 47 ans, edhec, doté d’une solide expérience en monétique, est promu senior vicepresident, ingenico Solutions & transaction Services d’Ingenico. L’informatique comme arme sécurité, ceci afin de respecter les critères d’ hébergement Hippa, Socks et SAS 70 », explique Michaël Connely dans L’Epouvantail(2). Le démon de Daniel Suarez est un vrai tueur électronique préprogrammé. Celui de Michael Connely, s’il est humain, traverse les réseaux pour pister ses proies et éliminer les gêneurs. On se réjouira de retrouver Jack McEvoy, héros du Poète, qui vit ici sa dernière semaine comme journaliste, victime du dégraissage que s’impose la presse écrite pour survivre. Walter F. Parkes, scénariste du film Wargames, s’est offert les droits de Daemon et travaille actuellement à l’écriture du script. Aujourd’hui, les hackers ne jouent plus. Ils tuent. M Stéphane Bellec (1) publié au fleuve noir. (2) publié au Seuil policiers. 01informatique I 8/07/2010 I www.01netpro.com Michael Peiffert est nommé directeur de création adjoint, en charge du digital de Business Lab, pour accompagner le mouvement de fusion avec l’off-line engagé par l’agence depuis deux ans. devient channel Sales manager france de sourcefire. ce spécialiste réseaux doit développer celui des partenaires de la société en france. vous avez changé de poste, faites-le savoir sur daniel suarez, consultant informatique et auteur de Daemon Eric Trad, epita, www.nomination.fr les technologies tiennent une grande place dans l’histoire de notre évolution, et je pense que celles de l’information, et particulièrement les réseaux sociaux, sont les plus récentes manifestations de cette importance. twitter, la géolocalisation ou encore la réalité augmentée conduisent à réécrire l’organisation sociale. L’informatique est-elle, plus qu’un prétexte, un nouveau décor ? tout à fait. Je voudrai attirer l’attention des lecteurs vis-à-vis des cyber-risques. c’est pourquoi je fais référence à de vraies techniques de piratage. nous devons avoir un minimum de connaissances sur le système et sur ce qui fait sa force. la technologie n’est plus une option pour personne. Cherchez-vous à sensibiliser vos lecteurs au problème du piratage ? 12 TENDANCES La gestion des identités expliquée à votre directeur général POURQUOI S’Y INTÉRESSER : dans le domaine de la sécurité, la gestion des identités optimisel’affectationdesaccèsauxressources matérielles et immatérielles de l’entreprise, ainsiquelesmouvementsdepersonnels.Une démarchefédératriced’unpointdevuemétier. DÉCRYPTAGE CENTRALISER POUR MIEUX MAÎTRISER DRH (renseignement des identités, délivrance d’habilitation) SIRH Système de gestion des identités DSI (installation, paramétrage et maintenance) Les gains Messagerie Systèmes et réseaux 1 Remettre les clés de la gestion des accès à la DRH. Lorsqu’un collaborateur quitte l’entreprise, il conserve souvent ses droits d’accès au système de la société. Cela pose un véritable problème de sécurité, notamment si l’employé est parti en mauvais termes. Ou si par le biais de mutations internes, il continue à cumuler ses anciens droits au risque d’enfreindre des règles établies, comme c’est le cas dans certaines professions (un exemple célèbre : le passage du back au front office de Jérôme Kerviel). AP LD Annuaires (LDAP, Active Directory...) Bases de données Bureautique Avec un dispositif de gestion des identités, les droits d’accès au système de l’entreprise sont toujours à jour. 4 Des outils pour faciliter son utilisa- 2 Difficile de définir qui est le propriérôles, la direction générale peut, en collaboration avec l’ensemble de ses directions, déterminer une série de rôles prédéfinis à attribuer au collaborateur dès son entrée dans l’entreprise. Ces rôles évolueront en fonction de ses activités et lui seront retirés dès qu’il changera de service ou quittera l’entreprise. Ces opérations s’effectuent à partir d’une interface graphique optimisée afin d’éviter des manipulations techniques trop complexes. tion. Avec les solutions de gestion des taire de l’application. La DRH, qui 2 Soulager la direction informatique. La gestion des identités peut se greffer à un dispositif de renseignement des comptes utilisateurs, mettant un terme aux demandes d’accès ou d’ouvertures de droits qui s’empilent à la DSI. Ce dispositif autorise la mise en place, en amont, d’une plate-forme munie d’une chaîne de validation (workflow) pour la délivrance d’habilitation. souffre de ne pas avoir la mainmise sur l’affectation des droits, est souvent à l’origine d’un dispositif de gestion des identités. Elle s’implique aussi dans la mise en œuvre et le choix du logiciel. Elle en reste généralement le propriétaire et devra assurer sa maintenance. 3 Des applications encore orientées 3 Impliquer les directions métier dans la gestion des habilitations. Les respon- Les limites 4 Une fédération difficile à mettre en des identités à un système de fédération qui vise à la greffer à un (ou à des) tiers de confiance en charge de gérer certains accès externes, par exemple entre filiales et maison mère. Les outils peinent cependant à se montrer sécurisés dès lors qu’ils ne sont pas dans un cadre d’infrastructure à clés publiques (PKI). M STÉPHANE BELLEC place. Il est possible d’étendre la gestion 01INFORMATIQUE I 8/07/2010 I www.01netpro.com sables de service sont désormais à l’origine des demandes d’habilitation et maîtrisent le processus au travers d’un circuit de validation prédéterminé. La gestion des identités implique également un système de réapprobation automatique autour des droits affectés, en fonction d’une fréquence définie (hebdomadaire, mensuelle). Une direction sera donc en mesure d’assigner ponctuellement des droits à une personne, tout en évitant le risque d’oublier la fermeture des droits. 1 Un déploiement assez lourd. Si l’ob- jectif d’un tel projet consiste à optimiser la répartition des tâches techniques et organisationnelles, sa préparation s’avère fastidieuse. Certaines sociétés sont obligées de revoir entièrement leur organigramme et sont incapables de mettre rapidement en application les résultats obtenus. D’autant que l’aspect « rôle » ne pourra être véritablement traité qu’une fois le socle de gestion d’identité installé et branché à l’ensemble des applications de l’entreprise. du Français Ilex (Meibo), la plupart des solutions du marché (IBM, Novell, CA, Oracle, etc.) adresse plutôt les entreprises traitant une volumétrie d’identités importante. En découlent un prix conséquent, et un besoin de compétence interne à la hauteur de l’enjeu technique. grands comptes. Mis à part le produit 13
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